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Domaine Gérald Besse, in Wallis

Mis à jour : 9 sept. 2020

Je vous donne rendez-vous en Suisse dans le Valais à Martigny plus exactement au Domaine Gérald Besse à la rencontre de Sarah, la fille du domaine qui est en train de prendre la relève.

Je vous invite à découvrir cette jeune femme pleine d’enthousiasme et de dynamisme au travers de ma visite de la cave.



Le Domaine Gérald Besse?

L’histoire du domaine commence en 1979 avec l’achat d’une vigne sur l’appellation Champortay. Gérald Besse défonce et reconstitue ces parchets qui rentreront en production en 1984. Ce fut à cette même période qu’il racheta une ancienne grange afin de pouvoir faire ses propres cuvées.

En 2016, Gérald se lance dans d’énormes travaux de modernisation du chai. Il a fait raser et excaver l’ancienne cave dans le but de reconstruire un bâtiment plus moderne. Un travail de titan qu’il a commencé au mois de janvier pour finir juste avant les vendanges ! Un chantier d’envergure qu’il décide d’entreprendre avec l’arrivée de sa fille Sarah sur le Domaine !

Le vignoble s’étend sur 20 hectares sur Martigny et Martigny-Combes dont 8ha en location de longue durée d’environ 30 à 40 ans.



L’arrivée de Sarah à la cave?

Sarah rentre dans l’entreprise à 100% en 2013. C’est durant sa première année de collège qu’elle décide de suivre la voie de ses parents et d’écrire son histoire oenologique. Elle fera tout d’abord l’École d'ingénieurs de Changins. Reconnue à l’international, il s’agit de la seule institution de Suisse à proposer une formation en œnologie.

Elle fait ses armes chez André Fontannaz à la cave la Madeleine à Vétroz, chez Urs Pircher à Eglisau au nord de Zurich puis chez Nicolas Zufferey à Sierre. À la fin de ses études en 2011, elle passera 6 mois avec Corinne Claviens au laboratoire cantonal, ce qui lui permettra de se perfectionner au niveau des analyses. Elle poursuivra sa route en Autriche chez Bründelmayer avant de revenir chez elle et s’installer.

Elle souhaite que la passation se fasse en douceur afin de pouvoir s’adapter mais aussi partager ses dernières années avec lui.


Le métier de vigneronne une vocation depuis l’enfance?

On peut dire qu’elle y était prédestinée mais cela n’a jamais été une obligation. Il s’agit d’une passion qui s’est petit à petit imposée à elle.

Sarah a toujours adoré être dans la nature, elle faisait des herbiers étant enfant. Elle disait à ses parents qu’elle travaillerait soit avec les vaches, soit à la vigne. ( La tradition des vaches est très marquée en Valais surtout avec les combats de reines.) Elle se revoit,courir à travers la cave, goûter les premiers jus aux vendanges, ramasser les caissettes… pour aider son père.

Cependant, ses parents ne lui ont imposé aucun plan de carrière. D’ailleurs ce n’est que la dernière année du collège, qu’elle a annoncé à ses parents son souhait de faire Changins. Elle a attendu d’être sûre de son choix afin qu’aucune pression ou attentes ne lui soient imposées. Sarah est une jeune femme réfléchie, qui sait où elle va.



Ses choix personnels?

Sarah rejoint donc le Domaine en 2013 à tout juste 26 ans. Les deux premières années, elle commence par s’intéresser à la vigne car il est évident pour elle que « sans bons raisins, tu ne peux pas faire de bons vins. » Elle souhaite connaître, se familiariser avec les bases de la vigne. Son chef de culture étant parti à la même période cela lui a permis de tester de nouvelles choses et reprendre les choses en main au niveau des choix de traitements, de l’enherbement et du travail du sol… Avec du recul, elle se rend compte que c’était une période difficile car elle a été directement mise dans le grand bain. Mais cela l’a beaucoup aidée à appréhender au mieux la gestion de la vigne.

Le choix de son père est toujours important car il a une vue d’ensemble notamment au niveau des choix des nouvelles plantations. Mais elle sait aussi imposer ses idées, elle décide de la date de vendanges. Elle gère les vinifications de A à Z.

Elle dynamise aussi la cave avec de nouveaux matériels pour la réception des vendanges notamment avec une table de tri. Pour toutes les spécialités, elle décide de revenir à un travail sur raisins entiers et achète de plus gros pressoirs.



Sarah voit aussi loin dans l’avenir ! Elle s’ouvre à de nouveaux marchés à l’export. (Il faut dire que peu de vignerons suisses se lancent dans ce type de marché encore aujourd’hui. Il est à noter que la production de vins suisses n’est pas suffisante pour couvrir la consommation de vin en Suisse. C’est en partie pour cela que les vins suisses ne s’exportent pas et qu’ils n’ont pas une image à l’étranger. ) Elle vend quelques bouteilles en Savoie qui est limitrophe.

Le Domaine fait maintenant deux salons à Dusseldorf et à Paris. 2018 fut la première année à WINEPARIS. Elle se donne 3 ans pour faire le bilan de son investissement sur ce salon. Mais elle voit déjà l’intérêt des potentiels clients et crée de premiers contacts dans 4 pays différents. Ce salon lui a apporté une visibilité également dans l’ARVF. ( La Revue des Vins de France)

Sarah est une femme active qui essaye de nouvelles choses.



Elle participe activement à la création en 2015 d’un syndicat sur la réfection des murs, chemin d’accès et irrigation sur Martigny et Martigny-Combes, et en prend même la présidence. Sarah s’impose dans le milieu.



La modernisation des étiquettes?

Sarah revoit aussi le graphisme des étiquettes: elle va même jusqu’à vouloir écrire les textes elle même et créer un code couleur en fonction de chaque type aromatique de vin.

Mais elle n’est pas une de celles qui veulent se mettre en avant en changeant le nom du Domaine pour le faire apparaître sur la bouteille. Elle ne veut pas effacer le travail de ses parents qui se sont battus depuis 40 ans pour se faire connaître et dépose donc le nom Domaine Gérald Besse (avant il y avait simplement Gérald Besse ).

On ne peut voir sa signature que sur le contre-étiquette montrant ainsi sa place dans le Domaine. Ils communiquent cependant depuis des années sur son arrivée.


Une femme dans le vin avantage ou inconvénient?

Sarah est sur tous les fronts. C’est une femme de caractère qui a deux enfants de 2 et 4 ans et qui, malgré tout, tient la barque à merveille.

Pour elle, être une femme dans le vin n’est pas un inconvénient. Des femmes avant elle ont fait de la place afin qu’elle puisse être reconnue par ses pères. Aujourd’hui être une femme vigneronne est même devenue un atout de vente.

Elle se souvient malgré tout d’une petite anecdote. Lors de sa recherche de stage au collège, elle a eu droit à « je ne prends pas de femmes » par un vigneron. Elle a aussi dû se battre pour mériter sa place au sein de la cave et montrer ses capacités. Aujourd’hui, Sarah est une femme multi-carte puisqu’elle est à la fois vigneronne, oenologue, commerciale et maman !

Elle a plein de projets en tête pour l’avenir.


Sa vision sur l’avenir? Sa reconversion en agriculture biologique…

Sarah est quelqu’un qui se remet en question, puisqu’il y’a 5 ans, vous pouviez lui parler d’agriculture biologique, ça n’était pas du tout sa conception de la viticulture. Et aujourd’hui, nous la retrouvons souhaitant s'inscrire pour 2020 en reconversion biologique.

Elle voit l’avenir différemment certainement puisqu’elle maitrise mieux son sujet. Elle se projette dans une agriculture pérenne et ouverte à l’international tout en consolidant le lien avec les consommateurs suisses.


Son avis sur les vins natures?

Le vin nature est pour elle très loin de sa conception, mais comme l’était le vin biologique il y’a 5 ans finalement. Sarah se prononce a demi mot aux sujets de ces fameux vins natures: un effet de mode qui peut disparaître mais aussi des vins exigeants, qui ont le mérite d’être très sensible aux maladies…. Des vins qui sont soit bon soit très mauvais. Reparlons de ce sujet dans 5 ans afin de connaître son avis…



Place à la dégustation dans son carnotzet très moderne avec une vue imprenable sur Martigny et ses vignes.


Coup de coeur pour son Riesling Martigny 2018 pour les vins blancs.

Mention spéciale en rouge pour sa Syrah Martigny, Les Serpentines 2016 et son Cornalin Domaine Saint-Théodule, Les Serpentines 2016.


Je vous invite donc à les découvrir !


MW

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